Genderinfo.nl

Accueil › Médical › Temps d'attente et parcours de soins

Temps d'attente et parcours de soins

Les soins de genre néerlandais connaissent depuis des années des temps d'attente croissants. C'est un problème pour les personnes atteintes de dysphorie persistante, mais aussi une raison d'examiner d'un œil critique la capacité, l'indication et la demande croissante. « Des soins plus rapides » ne signifie pas automatiquement « de meilleurs soins », surtout si le diagnostic en est raccourci.

À quoi ressemble le parcours de soins ?

L'orientation passe par le médecin généraliste et une référence vers une équipe de genre spécialisée, généralement Amsterdam UMC ou Radboudumc. Après l'intake, un parcours diagnostique de plusieurs entretiens avec des psychologues et psychiatres a lieu, visant à exclure des diagnostics différentiels, évaluer la comorbidité et vérifier l'adéquation d'un traitement médical.

Chez l'adulte, les hormones peuvent être démarrées relativement rapidement après le diagnostic. Chez les mineur·es, un parcours plus étendu et étagé selon le Dutch Protocol s'applique formellement, même si sa mise en œuvre est elle aussi sous pression.

Temps d'attente

Les temps d'attente pour un premier rendez-vous atteignent à plusieurs endroits deux à quatre ans, voire plus. La cause est une combinaison de problèmes de capacité et d'une forte hausse du nombre de demandes — surtout chez les adolescentes — depuis 2013 environ. Des hausses comparables sont observées à l'international et constituent un argument important dans le débat sur les facteurs sociaux et culturels de l'augmentation de la dysphorie de genre.

Alternatives et risques

Les longs délais poussent vers trois alternatives, chacune avec ses problèmes :

  • Hormonothérapie pilotée par le médecin généraliste : plus rapide, mais avec une préparation diagnostique nettement réduite. Les connaissances et le suivi varient fortement selon les cabinets.
  • Soins à l'étranger : en Belgique ou via des cliniques privées en ligne. L'accès est aisé, et le seuil pour obtenir des hormones est, dans certains modèles (« informed consent »), très bas.
  • Automédication via Internet : médicalement risqué, sans contrôles biologiques, avec une qualité de produit incertaine.

La combinaison « délais longs + alternatives accessibles » déplace de fait le processus diagnostique en dehors des soins spécialisés, à un moment où le débat international des preuves plaide précisément pour un diagnostic plus rigoureux, et non moins.

Contexte politique

Les associations d'usager·es plaident pour une augmentation de la capacité et un accès plus rapide. En parallèle, la Cass Review (2024) et les évaluations en Suède, Finlande, Danemark et Norvège soulignent l'importance d'un diagnostic approfondi, du traitement des comorbidités et de l'exclusion des diagnostics différentiels (autisme, traumatisme, troubles internalisés) avant intervention médicale. Une solution purement d'extension de capacité, sans regard critique sur le modèle de soins, ne correspond pas au virage politique international.