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Effets secondaires de l'hormonothérapie

L'hormonothérapie chez les personnes transgenres n'est pas un complément à un déficit mais une bascule pharmacologique à vie d'un système hormonal sain. Cela s'accompagne d'effets secondaires et de risques substantiels, en partie bien documentés, en partie insuffisamment étudiés. Une décision éclairée requiert un exposé complet de ce que l'on sait — et de ce que l'on ignore.

Effets secondaires de l'œstrogénothérapie

  • Thrombose et embolie pulmonaire : risque accru, surtout par voie orale ; également accru en cas de tabagisme, surpoids ou troubles de la coagulation.
  • Effets cardiovasculaires : modifications de la tension et des lipides ; des études de cohorte récentes montrent une morbidité et mortalité cardiovasculaires accrues à plus long terme chez les femmes trans.
  • Charge hépatique : surtout par voie orale (effet de premier passage).
  • Cancer du sein : en usage prolongé, risque possiblement accru, comparable à un THS post-ménopausique (Asscheman et al. ; De Blok et al. 2019).
  • Prolactinome : hyperprolactinémie et, rarement, prolactinome (tumeur hypophysaire).
  • Humeur : variations, dépression ou au contraire amélioration — très individuel.
  • Densité osseuse : après orchidectomie sans substitution œstrogénique adéquate, risque d'ostéoporose.

Effets secondaires des anti-androgènes

  • Acétate de cyprotérone : en usage prolongé et à doses plus élevées, associé au méningiome (tumeur cérébrale bénigne). L'EMA a émis une mise en garde ; doses plus faibles et cures plus courtes sont recommandées.
  • Bicalutamide : hépatotoxicité ; moins étudié dans l'indication transgenre que dans le cancer de la prostate.
  • Spironolactone : hyperkaliémie, effets sur la fonction rénale et la tension.
  • Analogues de la GnRH (utilisés chez l'adulte pour supprimer la testostérone) : perte osseuse, effets sur l'humeur.

Effets secondaires de la testostéronothérapie

  • Érythrocytose : hématocrite trop élevé ; accroît sensiblement le risque thrombotique et nécessite un suivi.
  • Cardiovasculaire : déplacement défavorable du profil lipidique (HDL baisse, LDL augmente). Conséquences à long terme chez les hommes trans insuffisamment étudiées.
  • Acné et problèmes cutanés : la règle, parfois sévères.
  • Alopécie androgénique : accélérée en cas de prédisposition.
  • Atrophie vaginale : en usage prolongé, muqueuse plus mince, plus sèche et plus fragile, avec plaintes et risque accru d'infections.
  • Foie : charge pour certaines voies d'administration.
  • Sommeil et schémas d'agressivité : irritabilité, sommeil dégradé peuvent survenir, surtout après injections.
  • Effets sur utérus et ovaires : données à long terme insuffisantes sur le risque carcinogène d'une exposition chronique à la testostérone.

Risques de cancer

Les études à long terme sur les risques de cancer sous hormonothérapie sont limitées et reposent largement sur de petites cohortes anciennes. Points d'attention : cancer du sein chez les femmes trans (possiblement accru), prostate (la suppression de testostérone est protectrice mais pas absolue), et carcinomes de l'endomètre et de l'ovaire chez les hommes trans avec utérus et ovaires conservés. La Cass Review (2024) souligne le manque systématique de suivi adéquat à long terme.

Ce que l'on ignore

Lacunes importantes :

  • Morbidité et mortalité cardiovasculaires après 20 ans et plus d'hormonothérapie.
  • Incidence des cancers dans tous les tissus (sein, prostate, utérus, foie).
  • Effets sur le vieillissement cognitif.
  • Santé osseuse à l'arrêt sans gonades.
  • Bien-être psychique chez les personnes détransitionnées qui arrêtent les hormones après un usage prolongé — groupe sous-étudié.

Importance du suivi

Un contrôle annuel est un seuil minimum : examens sanguins (hématocrite, foie, lipides, taux hormonaux, prolactine), tension artérielle, évaluation du risque cardiovasculaire, dépistage des cancers (mammographie, prostate) selon les recommandations fondées sur le sexe correspondant. En automédication, ces éléments font défaut et les risques sont nettement plus élevés.