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Testostérone en transition
La testostérone est administrée aux hommes trans et à certaines personnes non-binaires qui souhaitent une masculinisation. Elle agit rapidement, entraîne des modifications corporelles larges et partiellement irréversibles, et requiert un dosage et un suivi à vie. Une part importante de la recherche à long terme dans cette indication fait défaut ; de nombreuses affirmations de sécurité sont extrapolées de la substitution hormonale en cas d'hypogonadisme.
Voies d'administration
- Injections : hebdomadaires ou plusieurs fois par mois (testostérone undécanoate, énanthate). Pic élevé, puis baisse.
- Gel : quotidien sur la peau, niveaux plus stables, risque de transfert au partenaire ou aux enfants par contact cutané.
- Patchs : quotidiens, bonne précision de dose.
- Implants : action prolongée, moins fréquents.
Effets
- Abaissement de la voix — permanent, survient souvent en quelques mois.
- Augmentation de la pilosité faciale et corporelle — largement permanente.
- Agrandissement du clitoris — permanent.
- Arrêt des règles — peut être définitif en usage prolongé.
- Augmentation de la masse musculaire, redistribution des graisses vers l'abdomen, odeur corporelle plus marquée.
- Acné, peau grasse, parfois alopécie androgénique accélérée (en cas de prédisposition génétique).
Le tissu mammaire ne diminue pas sous testostérone — une mastectomie est nécessaire. La taille, le bassin et les mains ne changent pas (après puberté). Chez les femmes qui démarrent la testostérone avant la maturité osseuse, la taille peut être affectée.
Effets permanents et réversibles
L'abaissement de la voix, l'agrandissement du clitoris et l'essentiel de la pilosité sont permanents. La répartition des graisses et la masse musculaire se normalisent en partie à l'arrêt ; les règles reviennent souvent, mais pas toujours.
Fertilité
La testostérone supprime les règles et l'ovulation, mais n'est pas un contraceptif. Une grossesse reste possible pendant le traitement. En usage prolongé, l'impact sur la fertilité n'est pas pleinement prévisible. La cryoconservation d'ovocytes ou d'embryons avant le début est recommandée, même si elle nécessite une stimulation hormonale temporaire psychiquement éprouvante pour certaines. Voir fertilité et transition.
Risques et suivi
- Érythrocytose : taux trop élevé de globules rouges, augmente le risque thrombotique. Nécessite contrôle sanguin régulier et parfois ajustement de dose ou saignée.
- Cardiovasculaire : la testostérone peut altérer défavorablement le profil de cholestérol (HDL baisse, LDL augmente). Que cela se traduise par une morbidité cardiovasculaire accrue en usage prolongé chez les hommes trans est insuffisamment étudié.
- Atrophie vaginale : en usage prolongé, la muqueuse vaginale s'amincit et devient plus fragile, avec plaintes et risque accru d'infections.
- Utérus et ovaires : l'exposition chronique à la testostérone d'un utérus intact est insuffisamment étudiée. Certains cliniciens conseillent une hystérectomie après quelques années — choix aux conséquences propres et irréversibles.
- Foie : charge accrue pour certaines voies d'administration, le suivi hépatique est standard.
Un contrôle biologique au moins annuel (hématocrite, foie, lipides, taux hormonaux) est essentiel. L'automédication sans suivi est médicalement irresponsable.