Peter Vasterman (sociologue des médias) — La lutte entre sexe et genre
Dans cet essai du 14 septembre 2021, le sociologue des médias Peter Vasterman examine trois livres critiques à l’égard de la pensée en termes d’identité de genre : Material Girls de Kathleen Stock, The End of Gender de Debra Soh et Trans. When Ideology Meets Reality de Helen Joyce. Le texte est publié sur son propre blog. Une analyse approfondie est disponible sur ce site sous le titre Vasterman : La lutte entre sexe et genre.
L’article principal consacré à ce sujet est Vasterman.
Vasterman établit un lien avec le projet de loi néerlandais qui devait permettre de modifier l’enregistrement du sexe sur la base de l’identité de genre ressentie, sans évaluation médicale. La législation concernée est présentée plus en détail dans la rubrique juridique.
Points essentiels
Selon les auteurs étudiés, des tensions apparaissent lorsque le fait d’être une femme est défini par le ressenti intérieur plutôt que par le sexe biologique. L’essai aborde la forte augmentation du nombre d’adolescentes se présentant dans des cliniques spécialisées dans le genre, les personnes qui regrettent leur transition, l’accès aux espaces séparés selon le sexe, les évolutions de l’usage de la langue ainsi que les chercheurs soumis à des pressions en raison de leurs travaux.
Les trois livres pris séparément
Vasterman caractérise chacun des livres à sa manière. Il qualifie le livre de Kathleen Stock d’analyse conceptuelle qui déconstruit pas à pas la théorie de l’identité de genre. Debra Soh écrit depuis le point de vue de la sexologie et affirme que le genre n’est pas seulement une construction sociale, mais qu’il possède également des racines biologiques. Il décrit le livre de Helen Joyce comme un ouvrage journalistique riche en exemples. Pour illustrer les conséquences de la séparation des espaces selon le sexe, il cite le cas d’un délinquant sexuel condamné qui a agressé de nouveau des femmes dans une prison britannique pour femmes.
Les réserves de Vasterman
L’essai n’est pas uniquement favorable à ces ouvrages. Vasterman estime que les trois livres sont bien écrits et accessibles, mais il indique également qu’un fondement scientifique plus solide serait souhaitable. Selon lui, de nombreuses recherches font défaut parce que certains sujets ont été déclarés tabous. Il distingue trois groupes de personnes souffrant de dysphorie de genre : les enfants dont le comportement s’écarte de ce qui est attendu pour leur sexe, dont la plupart, selon lui, finissent par dépasser cette phase ; un groupe d’hommes adultes ; et des adolescentes ne présentant aucun signe antérieur de dysphorie. Il estime très incertain qu’un débat ouvert puisse avoir lieu aux Pays-Bas.
Ce qui s’est passé au NRC
Selon Vasterman, le NRC a retiré le texte au dernier moment, alors que le responsable de la rubrique livres l’avait approuvé. Le médiateur du journal, Sjoerd de Jong, a qualifié cette décision, au minimum, d’occasion manquée. La frontière entre engagement journalistique et orientation éditoriale est abordée par gendermedia.nl dans l’article consacré à l’activisme au sein de la rédaction. Le Reformatorisch Dagblad a relaté l’affaire le même jour dans un article consacré au débat médiatique néerlandais.
Pourquoi dans ces archives
Vasterman précise que le texte était initialement destiné au NRC Handelsblad, mais qu’il n’y a finalement pas été publié malgré un accord préalable. Cet essai constitue une porte d’entrée néerlandophone souvent citée vers les perspectives critiques dans ce débat.