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Québec : de la testostérone en cinq minutes, une mastectomie à seize ans

Le parlement du Québec à Québec
Photo : Wilfredor, CC0, via Wikimedia Commons

Au Québec, l’affirmation de genre est la seule voie proposée. Quelques minutes de consultation suffisent pour obtenir une ordonnance de testostérone, et des mastectomies sont pratiquées sur des jeunes de seize ans. Le fait que 55 % des jeunes présentent une comorbidité psychiatrique documentée n’est pas pris en compte.

Source : Réseau ESI (Canada francophone)

Une seule voie, aucun consensus

Le Québec ne propose qu’une seule option aux mineurs souffrant de dysphorie de genre : l’approche transaffirmative. Pas d’exploration psychothérapeutique en première intention, pas de 'watchful waiting', pas de diagnostic différentiel structuré. Alors que l’Angleterre, la Suède, la Finlande, le Danemark et la Norvège ont profondément révisé leurs politiques, le Québec reste engagé sur la voie que le reste du monde fondé sur les données probantes est en train d’abandonner. La manière dont les autres provinces procèdent est présentée dans l’article sur les soins liés au genre au Canada.

De la testostérone en quelques minutes

Le RÉSI, le Réseau ESI, documente que quelques minutes de consultation clinique suffisent pour obtenir une ordonnance de testostérone. Les mastectomies chez des jeunes filles de seize ans sont courantes dans plusieurs centres québécois. La clinique de genre Sainte-Justine à Montréal, principal centre pédiatrique de référence, a refusé de répondre aux journalistes.

La comorbidité comme statistique, pas comme signal d’alerte

Les chiffres issus des propres données québécoises sont alarmants :

  • 55,2 % des jeunes suivis à la clinique de genre ont reçu un diagnostic psychiatrique officiel
  • 78 % déclarent une mauvaise santé mentale
  • Ces comorbidités comprennent : l’autisme, la dépression, les troubles alimentaires, la dissociation et les symptômes post-traumatiques

Ce sont précisément les troubles que la Cass Review désigne comme des situations dans lesquelles la dysphorie de genre peut être le symptôme d’un autre problème. Au Québec, cela ne change rien : la voie affirmative se poursuit.

Un consentement éclairé sur le papier

Mme Grou, de l’Ordre des psychologues du Québec, est claire : "Ce n’est pas un cerveau capable de porter un jugement complet." Pourtant, des adolescents s’engagent dans des parcours médicaux irréversibles. La loi québécoise exige que le parent titulaire de l’autorité parentale donne son consentement lorsque les soins comportent un risque grave — ce qui est précisément le cas des hormones et de la chirurgie. Cette règle est régulièrement contournée au moyen de l’affirmation selon laquelle celle-ci serait « salvatrice ».

Des parents dénigrés

Le RÉSI a recueilli les témoignages de parents québécois mis à l’écart par des médecins et des écoles dès qu’ils ont commencé à s’interroger sur la transition de leur enfant. La voix des parents est systématiquement traitée comme un obstacle, et non comme une source de connaissances accumulées tout au long de la vie sur leur propre enfant. Tout groupe de parents néerlandais ayant eu affaire à l’Amsterdam UMC ou à l’UMCG reconnaîtra ce schéma.

L’argument du suicide réfuté

L’argument classique de la pression exercée est le suivant : « mieux vaut un fils vivant qu’une fille morte ». Le RÉSI cite une étude finlandaise de longue durée dont les auteurs concluent : "la dysphorie de genre clinique en elle-même ne semble pas prédire la mortalité par suicide." Le taux de suicide plus élevé dans cette population découle principalement de la psychopathologie comorbide, et non du fait de ne pas être « affirmé ». Qui ne fait pas cette distinction s’attaque au mauvais problème.

La détransition : des années d’attente

La disparité est grotesque. Une jeune de seize ans reçoit de la testostérone en quelques semaines. Un détransitionneur de vingt-deux ans attend deux à trois ans pour bénéficier d’un accompagnement psychologique afin de gérer les dommages subis. L’urgence avec laquelle la transition est proposée n’existe pas pour en sortir.

Points essentiels

  • Le Québec ne propose que la voie transaffirmative, sans véritable alternative
  • De la testostérone en quelques minutes, une mastectomie dès l’âge de seize ans
  • 55,2 % des jeunes ont reçu un diagnostic psychiatrique, et 78 % déclarent une mauvaise santé mentale
  • Le consentement éclairé est coché formellement, sans être véritablement donné
  • Les parents qui posent des questions sont écartés du processus de soins
  • Les personnes en détransition attendent des années pour obtenir un accompagnement, alors que la transition se fait en quelques semaines

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