Les soins liés au genre au Canada

Les soins de santé au Canada sont organisés à l’échelle provinciale.
Organisation
Les soins de santé au Canada sont organisés à l’échelle provinciale. Chaque province applique ses propres règles de remboursement et ses propres délais d’attente pour les soins destinés aux personnes transgenres. Les principaux centres se trouvent à Toronto (CAMH), à Montréal et à Vancouver.
Recommandations
Les cliniciens canadiens suivent principalement les WPATH Standards of Care, version 8 (2022). Pour les soins destinés aux jeunes, il existe une prise de position de la Société canadienne de pédiatrie.
Débat de société
Depuis 2023, des débats provinciaux — notamment en Alberta, en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick — portent sur les limites d’âge, le consentement parental et le rôle des écoles dans la transition sociale des mineurs. Une voix critique dans ce débat est celle du Canadian Gender Report, un groupe de parents et de professionnels. En Colombie-Britannique, un tribunal a infligé une amende à un médecin qui avait refusé de prescrire un bloqueur de la puberté pour des motifs de conscience ; une analyse de cette décision est disponible sur trans-nederland.nl.
Interdiction des thérapies de conversion
Depuis janvier 2022, les thérapies de conversion constituent une infraction pénale dans tout le Canada. La loi interdit les pratiques visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. Lors de l’examen de cette interdiction des thérapies de conversion, des critiques ont soulevé la question de savoir si la psychothérapie exploratoire destinée aux jeunes souffrant de dysphorie de genre risquait ainsi d’être limitée ; voir la thérapie exploratoire du genre.
Alberta
L’Alberta est allée le plus loin. Fin 2024, la province a adopté une loi qui interdit les bloqueurs de la puberté et les hormones pour les jeunes de moins de seize ans, et exclut les opérations sur les mineurs. En 2025, un juge a provisoirement suspendu cette loi à la suite d’une action intentée par des organisations de défense des droits et plusieurs familles. La province a réagi par une nouvelle loi invoquant la clause dérogatoire, une disposition de la Constitution canadienne qui permet à un parlement de soustraire une loi, pendant cinq ans, au contrôle portant sur une partie des droits fondamentaux.
Écoles et parents
En Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick, le débat a porté sur les écoles. En 2023, la Saskatchewan a établi que les élèves de moins de seize ans devaient obtenir l’autorisation de leurs parents pour utiliser à l’école un autre nom ou d’autres pronoms, en invoquant elle aussi la clause dérogatoire. Le Nouveau-Brunswick a adopté une règle comparable en 2023, avant qu’un nouveau gouvernement ne l’abroge fin 2024. Pour en savoir plus sur le Québec, consultez l’article consacré aux soins d’affirmation de genre au Québec. Dans cette province, le réseau Réseau éducation, sexe et identité a été lancé au début de 2024. Il réunit des citoyens, des parents et des professionnels de la santé et de l’éducation qui expriment leurs inquiétudes concernant l’identité de genre dans les écoles et les soins de santé.
Recherches menées au Canada
Le Canada joue également un rôle dans la recherche scientifique. La clinique pour enfants et adolescents du CAMH à Toronto, longtemps l’une des plus connues au monde, a fermé en 2015 après des critiques concernant ses méthodes de traitement. Des chercheurs de l’Université McMaster, berceau de la médecine fondée sur les données probantes, ont publié en 2025 des revues systématiques sur les bloqueurs de la puberté et les hormones, et ont jugé le niveau de certitude des données très faible. Voir les revues systématiques sur les soins liés au genre.
Sources
Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., et al. (2022). Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. doi:10.1080/26895269.2022.2100644
Transgender Europe (TGEU) — Trans Rights Map. tgeu.org