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La testostérone dans la transition

Étiquette d’un emballage de gel de testostérone
Photo : Lupus in Saxonia, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La testostérone est administrée, dans le cadre des soins liés au genre, aux hommes trans et à certaines personnes non binaires qui souhaitent une masculinisation. Elle agit rapidement, entraîne des changements corporels importants et en partie irréversibles, et nécessite une administration et un suivi à vie. Une part considérable des recherches à long terme sur cette utilisation fait défaut ; de nombreuses affirmations concernant la sécurité sont extrapolées des traitements hormonaux substitutifs de l’hypogonadisme.

Modes d’administration

  • Injections : énanthate de testostérone chaque semaine ou toutes les deux semaines, undécanoate de testostérone toutes les 10 à 12 semaines. Taux élevé au départ, puis diminution.
  • Gel : application quotidienne sur la peau, taux plus stables, risque de transfert aux partenaires et aux enfants en cas de contact cutané.
  • Patchs : application quotidienne, bonne précision du dosage.
  • Implants : action prolongée, administration moins fréquente.

Effets

  • Abaissement de la voix — permanent, il survient souvent dès les premiers mois. Voir l’entraînement vocal.
  • Augmentation de la pilosité du visage et du corps — en grande partie permanente.
  • Augmentation du clitoris — permanente. C’est sur cette base que repose la métaïdioplastie.
  • Arrêt des menstruations — en cas d’utilisation prolongée, celui-ci peut être définitif.
  • Augmentation de la masse musculaire, redistribution des graisses vers l’abdomen, odeur corporelle plus forte.
  • Acné, peau grasse, parfois accélération de la chute de cheveux d’origine androgénétique (en cas de prédisposition génétique).

La testostérone ne réduit pas le tissu mammaire — une mastectomie est nécessaire à cette fin. La taille, le bassin et les mains ne changent pas (après la puberté). Chez les femmes qui commencent la testostérone avant la maturité du squelette, la taille peut être influencée.

Effets permanents et réversibles

L’abaissement de la voix, l’augmentation du clitoris et, dans une large mesure, la pilosité sont permanents. La répartition des graisses et la masse musculaire se normalisent en partie à l’arrêt du traitement ; les menstruations réapparaissent souvent, mais pas toujours. Pour en savoir plus sur la modification irréversible de la voix due à la testostérone, consultez genderzorgen.nl.

Fertilité

La testostérone inhibe les menstruations et l’ovulation, mais ne constitue pas un moyen de contraception. Une grossesse est possible pendant le traitement. En cas d’utilisation prolongée, son influence sur la fertilité n’est pas entièrement prévisible. La congélation des ovocytes ou des embryons avant le début du traitement est recommandée, même si elle nécessite une stimulation hormonale temporaire qui peut être psychologiquement éprouvante pour certaines personnes. Voir fertilité et transition.

Risques et suivi

  • Érythrocytose : concentration trop élevée de globules rouges, ce qui augmente le risque de thrombose. Elle nécessite des analyses sanguines régulières et parfois un ajustement de la dose ou une saignée.
  • Cardiovasculaire : la testostérone peut avoir un effet défavorable sur le profil lipidique (baisse du HDL, hausse du LDL). La question de savoir si cela se traduit par une augmentation de la morbidité cardiovasculaire lors d’une utilisation prolongée chez les hommes trans reste insuffisamment étudiée.
  • Atrophie vaginale : en cas d’utilisation prolongée, la muqueuse vaginale devient plus fine et plus fragile, avec des symptômes et un risque potentiellement accru d’infections.
  • Utérus et ovaires : l’exposition chronique d’un utérus intact à la testostérone est insuffisamment étudiée. Certains cliniciens recommandent une hystérectomie après quelques années — un choix qui comporte ses propres conséquences irréversibles.
  • Foie : une charge accrue peut survenir avec certains modes d’administration ; le contrôle de la fonction hépatique est standard.

Un contrôle biologique au moins une fois par an (hématocrite, fonction hépatique, lipides, taux hormonaux) est essentiel. L’automédication sans suivi médical est irresponsable sur le plan médical. Un aperçu complet est disponible dans les pages effets indésirables de l’hormonothérapie et maladies cardiovasculaires lors de la transition.