Genre et féminisme

Le féminisme n’est pas un mouvement monolithique.
Les différents courants féministes
Le féminisme n’est pas un mouvement monolithique. Le féminisme libéral se concentre sur l’égalité des droits et lutte contre les discriminations fondées sur le sexe et l’identité de genre. Le féminisme radical analyse le sexe comme le fondement de l’oppression des femmes et examine de manière critique les questions transgenres lorsqu’elles touchent à la catégorie « femme ».
Les tensions
Les discussions sur l’accès aux espaces réservés à un sexe (comme les structures d’accueil, les prisons et le sport), l’autodétermination et le langage (femme ou personne menstruée) donnent lieu à de vifs débats au sein du féminisme. Il en va de même pour la question de savoir ce qui est comptabilisé dans les violences faites aux femmes. Le niveau de tension pouvant être atteint est apparu clairement en août 2026 à Belfast, où le festival Féile an Phobail a supprimé un débat du Women’s Rights Network consacré aux droits des femmes sans fournir de justification sur le fond.
Le féminisme intersectionnel
Le féminisme intersectionnel établit des liens entre différents axes d’oppression (sexe, origine ethnique, classe sociale, sexualité, handicap). Les personnes transgenres y sont incluses, avec une attention particulière portée à leurs vulnérabilités spécifiques. Aux Pays-Bas, le Bureau Clara Wichmann, qui mène des actions en justice visant à défendre la position juridique des femmes, affirme s’inscrire dans cette approche.
De Beauvoir à Butler
La distinction entre sexe et genre est issue du féminisme lui-même. Simone de Beauvoir écrivait en 1949 qu’on ne naît pas femme, mais qu’on le devient, voulant dire par là que la société associe un rôle au corps féminin. Les féministes ont utilisé la notion de genre pour critiquer ce rôle imposé. En 1990, Judith Butler est allée plus loin en affirmant que le genre se construit par des comportements répétés et que la distinction entre les sexes n’est pas non plus figée. C’est sur ce point que les chemins divergent.
Le féminisme critique du genre
Les féministes critiques du genre maintiennent que le sexe constitue le fondement de leur analyse. Selon elles, les femmes sont défavorisées en raison de leur corps et de leur rôle dans la reproduction, et les droits et dispositifs destinés aux femmes reposent sur cette réalité. Janice Raymond avait déjà formulé cette position en 1979. Dans le débat actuel, elle est notamment associée à la philosophe Kathleen Stock, à la journaliste Julie Bindel et à l’écrivaine J.K. Rowling. Leurs adversaires les qualifient de « terf », un acronyme que les personnes concernées vivent elles-mêmes comme une insulte. La signification de cet acronyme et son usage sont expliqués sur alfabetbende.nl.
La justice sur la notion de femme
La question de savoir qui est juridiquement considéré comme une femme a été examinée en avril 2025 par la Cour suprême britannique dans l’affaire For Women Scotland. La cour a jugé que les mots « femme » et « sexe » employés dans la loi britannique sur l’égalité de traitement renvoient au sexe biologique. Selon la cour, les personnes transgenres restent protégées contre les discriminations fondées sur le changement de sexe. L’affaire avait été portée par une organisation féministe écossaise. Des exemples néerlandais de ce débat sont présentés dans les articles consacrés aux féministes radicales et à la loi sur les personnes transgenres et au féminisme sans femmes, ainsi que sur le site néerlandais Pro Vrouw ; l’aspect pratique est abordé dans l’article sur les personnes trans et la sécurité des femmes.