L’OMS et la révision de la CIM-11

L’Organisation mondiale de la santé a publié la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) en 2019, avec une entrée en vigueur en janvier 2022.
CIM-11 (2019/2022)
L’Organisation mondiale de la santé a publié la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) en 2019, avec une entrée en vigueur en janvier 2022. Une modification importante a été le déplacement de l’« incongruence de genre » du chapitre consacré aux troubles mentaux et du comportement vers un nouveau chapitre consacré à la santé sexuelle.
Dépathologisation
Ce déplacement est considéré à l’échelle internationale comme une dépathologisation : l’incongruence de genre n’est plus classée comme un trouble mental. Un diagnostic reste toutefois possible afin de faciliter l’accès aux soins.
Débat
Cette modification a été saluée par les organisations de défense des droits. Les critiques ont souligné la tension entre la dépathologisation et le maintien d’un diagnostic médical pour accéder aux soins et à la couverture des assurances. Le DSM-5 parle encore de dysphorie de genre. La manière dont les deux classifications s’articulent est abordée par transgemeenschap.nl dans l’article de débat consacré au DSM et à la CIM.
Ce qui a précisément changé
L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la CIM-11 le 25 mai 2019. La classification est en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Dans la CIM-10, les catégories de transsexualisme et de trouble de l’identité de genre chez l’enfant figuraient dans le chapitre consacré aux troubles mentaux et du comportement. Dans la CIM-11, elles ont été remplacées par deux codes dans le nouveau chapitre « Affections liées à la santé sexuelle » : HA60 pour l’incongruence de genre à l’adolescence et à l’âge adulte, et HA61 pour l’incongruence de genre pendant l’enfance. Selon l’OMS, cette modification reflète les connaissances actuelles selon lesquelles les identités transgenres et les identités de genre diverses ne constituent pas un trouble mental. Les codes ont été conservés afin de permettre l’accès aux soins et leur remboursement par les assureurs.
Une classification n’est pas une directive thérapeutique
La CIM est une classification des maladies et des affections. Elle ne prescrit pas le traitement approprié. Cette distinction se perd parfois dans le débat. Le déplacement vers un autre chapitre ne dit rien sur l’efficacité ou la sécurité des bloqueurs de puberté, des hormones ou des opérations. Le code concernant l’enfance ne constitue pas non plus une recommandation de traiter médicalement les enfants.
La directive de l’OMS concerne uniquement les adultes
En décembre 2023, l’OMS a annoncé l’élaboration d’une directive sur la santé des personnes transgenres et des personnes présentant une diversité de genre. En janvier 2024, elle a précisé que cette directive concernerait uniquement les adultes. L’OMS a expliqué que les données sur les résultats à long terme des soins d’affirmation de genre chez les enfants et les adolescents sont limitées et variables. En juin 2024, elle a ajouté qu’elle n’avait elle-même publié aucune revue ni recommandation concernant les mineurs. La directive traite notamment des hormones pour les adultes, de la formation des professionnels de santé et de la reconnaissance juridique de l’identité de genre choisie par les adultes. SEGM et The BMJ ont signalé des liens entre des membres du comité chargé de la directive et la WPATH. Voir également la CIM-11 et la diversité de genre, la dysphorie de genre dans le DSM-5 et les critiques de la SOC-8.
Foire aux questions
Sources
Organisation mondiale de la santé (2019/2022). CIM-11 : HA60 Incongruence de genre à l’adolescence ou à l’âge adulte. icd.who.int
Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., et al. (2022). Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. doi:10.1080/26895269.2022.2100644