TOC et transidentité

Chez une minorité de personnes qui consultent pour une dysphorie de genre, des pensées obsessionnelles et compulsives liées au genre peuvent jouer un rôle.
Diagnostic différentiel
Chez une minorité de personnes qui consultent pour une dysphorie de genre, des pensées obsessionnelles et compulsives liées au genre peuvent jouer un rôle. Il peut s’agir, par exemple, de pensées intrusives persistantes concernant la bonne identité de genre, où le doute et le besoin de vérifier de façon répétée occupent une place centrale.
Approche clinique
Faire la distinction entre une dysphorie de genre persistante et une TOC liée au genre nécessite une expertise clinique et du temps. Les recommandations internationales préconisent, en cas de doute, une évaluation psychiatrique ciblée et, lorsque cela est pertinent, un traitement de la TOC, comme l’exposition avec prévention de la réponse, avant d’entreprendre des démarches médicales irréversibles. Le site genderautisme.nl décrit les modalités d’un diagnostic différentiel rigoureux, ainsi que les signes et les pièges à éviter, dans le contexte de l’autisme et de la dysphorie de genre.
Comment cela se manifeste
Dans le cas d’un trouble obsessionnel-compulsif, des pensées indésirables s’imposent et provoquent de l’angoisse. Pour réduire cette angoisse, la personne tente de vérifier, de ruminer ou de chercher à être rassurée. Le sujet peut être très varié. On connaît notamment la forme dans laquelle une personne doute constamment de sa propre orientation sexuelle. Une forme comparable peut concerner le genre. L’adolescent se demande sans fin s’il est peut-être trans, passe des heures sur Internet, teste ses propres réactions et demande sans cesse à être rassuré. La pensée provoque de l’angoisse, et non du désir.
Différence avec la dysphorie de genre
Dans la dysphorie de genre, un désir est central : celui de vivre dans l’autre sexe, ainsi qu’un mal-être à l’égard de son propre corps. Dans le cas d’un trouble obsessionnel-compulsif, c’est le doute qui est central. L’adolescent cherche au contraire la certitude que ce n’est pas le cas, et chaque réassurance ne l’aide que brièvement. La distinction n’est pas toujours nette, et les deux peuvent coexister. Un professionnel qui ne s’intéresse qu’au genre peut passer à côté du trouble obsessionnel-compulsif ; une réponse affirmative agit alors comme une réassurance et entretient le trouble obsessionnel-compulsif.
Traitement
Un trouble obsessionnel-compulsif se traite efficacement par une thérapie cognitivo-comportementale, en particulier par l’exposition avec prévention de la réponse, si nécessaire complétée par un traitement médicamenteux. L’adolescent apprend à tolérer la pensée sans vérifier ni chercher à être rassuré. Le doute concernant le genre diminue alors souvent. Lors d’une consultation chez le médecin généraliste ou d’un premier entretien, signalez toujours s’il y a déjà eu des symptômes obsessionnels-compulsifs ou anxieux. Voir également la dépression, l’autisme et le guide destiné aux parents inquiets.
Sources
Cass, H. (2024). Independent Review of Gender Identity Services for Children and Young People: Final Report. cass.independent-review.uk
Coleman, E., Radix, A.E., Bouman, W.P., et al. (2022). Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8. International Journal of Transgender Health, 23(sup1), S1–S259. doi:10.1080/26895269.2022.2100644