Trans et pauvreté

Les recherches de TGEU et des organisations nationales de défense des droits montrent que les personnes transgenres — en particulier les femmes transgenres racisées et les personnes migrantes — vivent de manière disproportionnée dans la pauvreté.
Chiffres internationaux
Les recherches de TGEU et des organisations nationales de défense des droits montrent que les personnes transgenres — en particulier les femmes transgenres racisées et les personnes migrantes — vivent de manière disproportionnée dans la pauvreté. Le chômage, le sans-abrisme et le travail informel sont nettement plus fréquents.
Mécanismes
La discrimination sur le marché du travail, les conflits familiaux (notamment la perte du soutien financier à l’adolescence), les problèmes de santé et les restrictions juridiques contribuent à cette vulnérabilité. Dans les pays où les soins de transition ne sont pas remboursés, leur accès représente une charge financière supplémentaire. Aux Pays-Bas, les soins remboursés sont présentés dans la rubrique assurance maladie et soins liés au genre.
Implications politiques
Les organisations de défense des droits demandent une protection sur le marché du travail, un hébergement social également accessible aux personnes transgenres et un accès aux soins. Aux Pays-Bas, une partie de ces protections est inscrite dans la loi, mais des difficultés persistent dans la pratique.
Chiffres aux Pays-Bas
En 2017, le Bureau néerlandais d’analyse de la politique sociale et culturelle a étudié les conditions de vie des personnes qui avaient fait modifier leur enregistrement du sexe, à partir de données du CBS. Elles avaient plus souvent un faible revenu que le reste de la population, exerçaient moins souvent un emploi rémunéré et percevaient plus souvent une allocation. Elles vivaient également plus souvent seules. L’étude portait uniquement sur les personnes ayant fait modifier leur enregistrement et ne dit donc rien du groupe plus large qui s’identifie comme transgenre ou non binaire.
Recherches internationales
Dans la grande enquête américaine menée en 2015 auprès de personnes transgenres, près d’un tiers des participants vivaient dans la pauvreté, soit plus de deux fois plus que dans l’ensemble de la population. Dans l’enquête de 2019 de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, les participants transgenres déclaraient plus souvent que les autres participants avoir du mal à joindre les deux bouts. Les deux études reposent sur des participants s’étant inscrits eux-mêmes, de sorte que leurs chiffres ne peuvent pas être généralisés tels quels à l’ensemble du groupe.
Cause et conséquences
La discrimination n’est pas la seule explication. Les problèmes psychiques, l’autisme et une scolarité interrompue sont plus fréquents dans ce groupe et compliquent chacun à leur manière la recherche et la conservation d’un emploi. Un parcours médical prend du temps, avec des opérations et des périodes de convalescence, et coûte également beaucoup d’argent dans les pays où il n’est pas remboursé. Pour réduire la pauvreté, il faut donc aller au-delà du seul marché du travail. Voir personnes trans et santé mentale, le genre au travail et droit du travail et transition.
Sources
Transgender Europe (TGEU) — Trans Rights Map. tgeu.org
ILGA-Europe — Rainbow Map. ilga-europe.org