Soins liés au genre en Italie

En Italie, les soins liés au genre sont dispensés dans des cliniques spécialisées (CIDIGeM à Turin, SAIFIP à Rome et autres).
Organisation
En Italie, les soins liés au genre sont dispensés dans des cliniques spécialisées (CIDIGeM à Turin, SAIFIP à Rome et autres). L’ONIG (Osservatorio Nazionale sull'Identità di Genere) joue un rôle de coordination.
Cadre juridique
La loi 164 de 1982 a encadré la modification juridique du sexe. Depuis 2015, une intervention chirurgicale préalable n’est plus obligatoirement exigée à la suite d’un arrêt de la Cour constitutionnelle.
Débats actuels
En 2024 et 2025, les médias et le Parlement italiens ont soulevé des questions concernant les bloqueurs de puberté, notamment sous l’influence de la Cass Review et du Conseil supérieur de la santé italien. L’association italienne Generazione D est l’une des voix critiques dans ce débat. Un aperçu des pays qui ont limité la prescription des bloqueurs de puberté figure sur puberteitsblokkers.nl.
Triptoreline
L’Italie a réglementé l’utilisation des bloqueurs de puberté en 2019. L’agence du médicament AIFA a alors ajouté la triptoréline, un agoniste de la GnRH, à la liste des médicaments remboursés pour la dysphorie de genre chez les jeunes, à la suite d’un avis du Comité national de bioéthique rendu en 2018. Cet avis fixait certaines conditions : une évaluation au cas par cas par une équipe multidisciplinaire ainsi qu’un accompagnement psychologique et psychiatrique préalable.
Inspection à Florence
Le débat s’est intensifié en 2024, lorsque le ministère de la Santé a envoyé des inspecteurs à l’hôpital Careggi de Florence, l’un des principaux centres pour les jeunes. Cette inspection faisait suite à des interrogations sur le fait que l’accompagnement psychologique prescrit précédait bien, dans tous les cas, la prescription de triptoréline. L’hôpital a ensuite suspendu la prescription de ce médicament aux enfants et aux jeunes présentant une dysphorie de genre.
Projet de loi de 2025
En août 2025, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi présenté par les ministres de la Santé et de la Famille. Le projet subordonne l’utilisation de bloqueurs de puberté et d’hormones chez les mineurs à un diagnostic établi par une équipe multidisciplinaire ainsi qu’à des résultats documentés d’un accompagnement psychologique, psychothérapeutique ou psychiatrique antérieur. Ces médicaments ne pourront plus être délivrés que par des pharmacies hospitalières, et l’AIFA tiendra un registre national dont les données seront transmises au ministère tous les six mois.
Jurisprudence
En 2024, la Cour constitutionnelle a jugé qu’un tribunal ne pouvait pas instaurer une troisième mention de sexe, cette compétence revenant au législateur. Dans le même arrêt, la Cour a supprimé l’exigence d’une autorisation judiciaire pour une opération lorsque la transition est déjà achevée. Pour savoir comment les pays voisins encadrent ces questions, consultez les articles consacrés à la France, à la Suisse et à l’Autriche.
Sources
Transgender Europe (TGEU) — Trans Rights Map. tgeu.org
ILGA-Europe — Rainbow Map. ilga-europe.org
Cass, H. (2024). Revue indépendante des services d’identité de genre pour les enfants et les jeunes : rapport final. cass.independent-review.uk