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Orchiectomie dans le cadre d’une transition

Bloc opératoire avec table d’opération et lampes
Photo : Dr.jayesh amin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’orchiectomie est l’ablation chirurgicale des testicules. Chez les femmes trans, cette intervention est réalisée afin d’arrêter définitivement la production endogène de testostérone. Elle peut être pratiquée seule ou dans le cadre d’une vaginoplastie.

En quoi consiste l’intervention ?

L’orchiectomie est l’ablation chirurgicale d’un ou des deux testicules. Chez les femmes trans, elle est pratiquée des deux côtés. L’intervention met fin à la production de testostérone par les testicules — une source endogène importante — et réduit ainsi la nécessité de prendre des médicaments antiandrogènes tels que la cyprotérone ou la spironolactone.

Indications dans le cadre d’une transition

Les femmes trans choisissent souvent l’orchiectomie parce que :

  • l’utilisation prolongée d’antiandrogènes peut entraîner une surcharge cardiovasculaire et hépatique ;
  • l’intervention est relativement légère comparée à une vaginoplastie ;
  • elle améliore la stabilité hormonale — seul l’œstrogène doit encore être administré en complément ;
  • pour les personnes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas subir de vaginoplastie, elle entraîne malgré tout une modification endocrinienne importante.

Procédure

L’intervention dure environ 30 à 60 minutes et peut être réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale. Des incisions scrotales ou inguinales sont pratiquées. La récupération se fait généralement en une à deux semaines, avec des restrictions concernant les efforts physiques. Les complications sont relativement limitées : hématome, infection et, rarement, douleurs chroniques.

Conséquences hormonales

Sans testicules, l’organisme ne produit plus de quantité significative de testostérone. Une supplémentation en œstrogènes devient nécessaire à vie, non seulement pour la féminisation, mais aussi pour la santé osseuse. L’arrêt des œstrogènes après une orchiectomie entraîne une perte rapide de densité osseuse, des bouffées de chaleur et d’autres symptômes d’hypogonadisme.

Caractère irréversible

L’intervention est totalement et définitivement irréversible. La production de spermatozoïdes cesse et la fertilité est perdue, sauf si du sperme a été congelé au préalable. Une personne qui détransitionne après une orchiectomie peut recevoir de la testostérone de manière exogène, mais ne retrouvera jamais une fonction testiculaire propre. Les conséquences à long terme de l’intervention sont décrites sur transkompas.nl ; la dépendance à vie aux hormones est abordée sur transitieschade.nl.

Relation avec la vaginoplastie

La vaginoplastie comprend généralement une orchiectomie. Une orchiectomie sans vaginoplastie constitue un choix distinct : la personne opte alors pour les conséquences hormonales sans reconstruction génitale complète. Pour celles qui souhaitent éventuellement subir une vaginoplastie ultérieurement, une orchiectomie préalable ne constitue pas une contre-indication.

Fertilité et consentement éclairé

Avant une orchiectomie, la cryoconservation du sperme doit être explicitement abordée et proposée. Toutes les cliniques néerlandaises ne le font pas systématiquement ; des cas de patients réalisant après coup qu’ils auraient pu conserver leur sperme ont été documentés. Pour les mineurs en âge de procréer, cette discussion est particulièrement urgente.

Remboursement

En cas de dysphorie de genre diagnostiquée, l’orchiectomie est remboursée aux Pays-Bas par l’assurance maladie de base. Les conditions sont les suivantes : une attestation des professionnels de santé, un éventuel délai d’attente et un entretien initial. En cas de choix d’une orchiectomie sans diagnostic préalable de dysphorie de genre — par exemple en raison d’effets indésirables des antiandrogènes — le remboursement est moins automatique.

Conséquences pour le traitement hormonal

Après une orchiectomie, les médicaments antiandrogènes, comme la cyprotérone ou la spironolactone, ne sont généralement plus nécessaires. La dose d’œstrogènes peut souvent être réduite. La poursuite du traitement hormonal substitutif reste nécessaire pour préserver la santé osseuse et l’état de santé général.

Décision et conséquences

L’intervention est irréversible. La fertilité est définitivement perdue ; c’est pourquoi une conservation du sperme est souvent proposée au préalable. Le scrotum peut rester intact et éventuellement être utilisé ultérieurement lors d’une vaginoplastie.

Risques

Les risques chirurgicaux généraux s’appliquent : hémorragie secondaire, infection et complications liées à l’anesthésie. L’intervention est relativement légère et la période de récupération généralement courte. Les conséquences à long terme sur la densité osseuse sont toutefois importantes lorsque le traitement hormonal substitutif est interrompu.

Sources

Coleman, E., et al. (2022). Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8. International Journal of Transgender Health. doi:10.1080/26895269.2022.2100644

Hembree, W.C., et al. (2017). Endocrine Treatment of Gender-Dysphoric/Gender-Incongruent Persons. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 102(11), 3869–3903. doi:10.1210/jc.2017-01658

Amsterdam UMC — Centre d’expertise et de soins pour la dysphorie de genre. amsterdamumc.org