Biais dans la recherche sur le genre

De nombreuses études sur les soins liés à la transidentité recrutent leurs participants dans des cliniques spécialisées.
Biais de sélection
De nombreuses études sur les soins liés à la transidentité recrutent leurs participants dans des cliniques spécialisées. Les résultats pourraient donc ne pas être représentatifs de toutes les personnes qui s’interrogent sur leur genre. Dans les enquêtes en ligne (par exemple Littman 2018), le recrutement au sein de communautés spécifiques joue également un rôle.
Perdus de vue
Les études à long terme sont souvent confrontées à un taux élevé d’abandon. Lorsque les participants qui abandonnent diffèrent de ceux qui restent (par exemple parce que les personnes ayant détransitionné sont moins susceptibles de reprendre contact avec la clinique), cela produit une image biaisée.
Absence de groupes témoins
En raison de la nature du domaine, les essais contrôlés randomisés sont rares. Les études de cohorte comparent souvent les personnes traitées à la population générale, plutôt qu’à un groupe comparable de personnes transgenres non traitées — ce qui complique les conclusions causales.
Biais de publication
Les études aux résultats positifs sont publiées plus souvent et plus rapidement. Les revues systématiques de York et de la SBU ont explicitement souligné les difficultés liées à la qualité des données probantes dans ce domaine.
Durée de suivi courte
De nombreuses études suivent les participants pendant un à deux ans. C’est peu pour des traitements aux conséquences permanentes. Les effets sur la densité osseuse, la fertilité et le fonctionnement sexuel ne deviennent visibles que plus tard, et les regrets ne se manifestent souvent qu’après plusieurs années. Une étude qui présente un bilan favorable au bout d’un an nous renseigne donc peu sur la situation dix ans plus tard.
Plusieurs traitements simultanés
Les jeunes qui reçoivent des bloqueurs de puberté ou des hormones bénéficient généralement aussi d’un accompagnement psychologique. Si leur état s’améliore ensuite, il est impossible de déterminer si cette amélioration est due aux médicaments, aux entretiens, au fait de vieillir, ou encore à l’attention et à la reconnaissance associées à un parcours de soins. Sans groupe de comparaison, ces influences ne peuvent pas être distinguées les unes des autres.
Auto-évaluation et instruments de mesure
La plupart des résultats sont mesurés au moyen de questionnaires que les participants remplissent eux-mêmes. Une personne qui attend beaucoup d’un traitement et qui l’a attendu longtemps aura tendance à en évaluer favorablement le résultat. Les études utilisent en outre des questionnaires très différents, ce qui rend les résultats difficiles à comparer et à regrouper.
Ce que signifie — ou ne signifie pas — une faible qualité des données probantes
Le fait que les données probantes soient de faible qualité ne signifie pas qu’un traitement est inefficace. Cela signifie que les études disponibles ne permettent pas de répondre de manière fiable à la question : l’effet réel peut être plus important, plus faible ou inexistant. Cette incertitude constitue le cœur du débat. Pour en savoir plus sur la manière dont les données probantes sont évaluées, consultez la pyramide des preuves et les revues systématiques. Un aperçu des critiques méthodologiques concernant la recherche sur la transidentité, ainsi que de ce qu’en disent les revues, est disponible sur transgenderidentiteit.nl.
Sources
Cass, H. (2024). Independent Review of Gender Identity Services for Children and Young People: Final Report. cass.independent-review.uk
Bränström, R., Pachankis, J.E. (2019, corrigé en 2020). Reduction in Mental Health Treatment Utilization Among Transgender Individuals After Gender-Affirming Surgeries. American Journal of Psychiatry, 177(8), 727–734. doi:10.1176/appi.ajp.2019.19010080
Biggs, M. (2022). The Dutch Protocol for Juvenile Transsexuals: Origins and Evidence. Journal of Sex & Marital Therapy, 49(4), 348–368. doi:10.1080/0092623X.2022.2121238
Le dossier complet consacré au Dutch Protocol — son origine, ses évaluations et les critiques — est disponible sur dutchprotocol.nl.